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Naufrage

Célestine


Que valent nos souvenirs tendres, roulés, calfeutrés dans le satin flou de tes draps ? Que valent tous ces mots susurrés, dans ce rai d’or et de verdure qui faisait trembler ta peau par l’échancrure de ton pull ? La poussière voletant dans la lumière marquait comme une frange de rêve, frontière ineffable entre nous et le monde. Ta chambre ouvrait sur le jardin dans la pâle clarté de l’amour tu. De l’amour géant. Ses bras de pieuvre nous enserraient dans un cocon. Nous ne nous sommes pas méfiés. Deux enfants sur un bateau qui ne savent rien des hurlants et des rugissants.


Toutes ces miettes de nous, ces fragments d’éternité, ces parfums poivrés d’ambre et de basilic, ces fruits savourés à même les doigts, à même le cœur, que valent-ils désormais dans la balance de tes certitudes ? Dans ce cabas plein à ras-bord de tes reproches, de tes soupçons, de tes colères, je n’ai plus la force de chercher ce qui nous a unis.

Ton désamour a dégonflé mon âme comme un pneu piqué par une aiguille. Tout doucement. Insidieusement. Entrée interdite. Tu as collé sur ta porte une étiquette trempée de mes larmes grises. Il y est écrit le mot fin, moi qui pensais que nous l’avions aboli du dictionnaire.

Célestine    Liste 2

12 commentaires:

  1. C'est la faute à Rita qui proclame trop souvent ça : " les histoires d'amour finissent mal en général..." ;-)

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    1. Eh oui, ce doit être pour ça...elle a plombé l'ambiance !
      Bises
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  2. Du grand art !
    Nous raconter une histoire d'amour avec des mots comme "cabas", "pneumatique" et "étiquette", il fallait le faire ! :-)

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    1. Merci !
      C'est vrai que c'est ce qui est amusant, dans les logorallyes, les mots improbables. :-)
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  3. oui le cabas manque de poésie dans un texte qui en a beaucoup, et je comprends que tu aies préféré le pneu au pneumatique :-)
    c'est chouette, les logorallyes, tu as raison!

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    1. Pneu au lieu de pneumatique, c'était pour garder du rythme !
      Les quatre syllabes alourdissent !
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  4. C'est tellement bien ressenti et exprimé qu'on n'a plus qu'une seule crainte : pourvu que ça ne soit pas du du vécu !

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    1. Hélas...si, un peu quand même...
      mais je me suis remise !
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  5. Je te l'ai déjà dit Célestine : tu es très forte ! Ecrire un texte aussi poétique avec des mots imposés et déjantés, bravo !

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    1. Merci Yvanne, ton cri du coeur me touche à chaque fois...
      ¸¸.•*¨*• ☆

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