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Fadièses d'un soir

Célestine


A l’est de ces soleils furieux qui courent de minuit à l’aurore, au temps où mes printemps se faisaient la courte-échelle,  ignorant l’hiver de leur superbe,  je traînais au fond d’un de ces bars sentant la frite et l’alcool frelaté, cherchant au fond de mon verre l’oracle d’improbables réponses à d’indicibles anaphores commençant par pourquoi.
C’était un de ces petits matins grisâtres où le désespoir fouette de ses lanières les derniers habitués, l’esprit rendu brumeux et vide comme une passoire, et où la cavalcade des notes de jazz cède le pas à un vieux blues fendant l’écorce de l’air de sa plainte sempiternelle.
Le pianiste noir, de ses mains noueuses de vieux chêne tremblant, effleurait ses touches comme on aime une femme du bout du cœur. Et dans tout ce noir, ce gris fumeux, ce brun livide et morne de ce bar de paumés, son sourire plein de dents, et le blanc de ses yeux comme deux zeuzères battant la nuit, illuminaient l’ombre de leur vigueur scintillante, comme des gouttes d’espérance.

Célestine     Liste 1

16 commentaires:

  1. Ces fa dièses n'on rien de fadaises et cette ambiance me sied tout à fait.

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  2. Je suis impressionnée car ce texte !! Célestine bravo !!

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    1. C'est gentil Ghislaine, merci beaucoup.
      Il n'a pourtant rien d'impressionnant...
      Bises célestes
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  3. L'art de transformer la vilaine contrainte en beauté pure ! Un art que tu maîtrises parfaitement...:-)
    J'aime l'ambiance de ton "bar" de jazz....

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    1. La contrainte est libératrice, c'est une des règles d'or de l'écriture... :-)
      Merci pour ton compliment.
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  4. Que va-t-on bien pouvoir écrire qui ait autant de lyrisme…
    que dire après un texte en ut majeur
    je te regarde dans le blanc des yeux… et je me demande…

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    1. C'est la journée mondiale du compliment aujourd'hui, il paraît...
      Merci pour celui-là, je sais qu'il vient du coeur.💜
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  5. On croirait entendre le grand Ray... une belle atmosphère, Célestine comme tu sais les dépeindre.
    J'aime beaucoup ces "printemps qui se faisaient la courte échelle"

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    1. Merci cher Vegas !
      Chandler...rien que ça !
      Tu me flattes
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  6. Petits matins embrumés de fatigue et peut-être d'alcool qui, oui, nous ombraient de désespoir mais bien vite la jeunesse en nos coeurs reprenait le dessus. Je me souviens...

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    1. Ah, tu y étais toi aussi ? ;-)

      ¸¸.•*¨*• ☆

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  7. C'est magnifique mais tu ne sais que t'exprimer de belle façon chère Célestine !
    C'est rageant. Pour un peu, je serais jalouse. ;-)

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    1. Oui peut-être...mais il y a tellement de choses que tu dois savoir faire mieux que moi...
      Alors laissons la jalousie aux envieux... ;-)
      ¸¸.•*¨*• ☆

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  8. Quand tu ne taquines pas Brassens, tu es une blueswoman parfaite ! Tous les talents, tu as, tueuse !

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    1. C'est cela que veut dire « talentueuse » ? Mince alors !
      ¸¸.•*¨*• ☆

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