Bienvenue sur Treize à la douzaine, un blog d'écriture partagée...

Bienvenue sur Treize à la douzaine, le blog d'écriture partagée proposé par Annick SB...



Monument aux paysages

Laura



J'aimerais ériger un monument aux paysages
Un monument de mots et un paysage
Qui serait fait de sable du désert à connaître
Et de l'océan au bord duquel j 'ai fait des balades


Un moment aux paysages
Sur des tapis de fleurs sauvages
Une touche de gris pour les averses
Des rimes en langue vernaculaire


Un monument aux paysages
Dans lesquels je prends mes pauses
Et mes collations, un peu de jaune
Soleil et d' azur sur fond de nuages


Un monument aux paysages
Comme des usines de tissage
Une balançoire pour ne plus faire de chutes
Siffler sur mes sept collines


Un tableau de Poussin avec une scène
Adamique, une pirouette de prose
Pour lever le poing  fière de mon monument
Aux paysages, architecture paysagère


Laura    Liste 21

Toute toute première fois

Vegas sur Sarthe



L'azur était d'un bleu immaculé – comme la Vierge, remarqua t-IL – et le sable était blond comme son Adam.

Son Eve terminait le tissage d'un hamac qui servirait de balançoire à son adamique compagnon.


Il était grand temps qu'IL mettre une touche finale à son œuvre ; alors IL les bénit en levant le poing et leur dit : »Croissez et multipliez-vous ! »
Adam n'eut pas le temps de terminer sa collation qu'une énorme érection l'envoya d'une pirouette au tapis.

Eve ne put se retenir de siffler d'admiration devant cette vernaculaire manifestation divine : »Bon Dieu ! Quel monument ! » et ce faisant, elle s'agenouilla pour la première fois – toute toute première fois Ah, pourquoi ces mots Si forts, si chauds Qu'ils gémissaient sur ta peau et bla bla bla comme allait le brailler plus tard sa descendante progéniture Jeanne Mas ...

Vegas sur Sarthe     Liste 21

Liste 21

1  sable
2 tapis
3 touche
4 vernaculaire
5 collation
6 azur
7 tissage
8 balançoire
9  siffler
10 adamique
11 pirouette
12 poing

 et le 13ème pour le thème : monument

Et "cent vingt" le temps des vingt ans

Jak


Le menu sur lardoise trônant au-dessus du comptoir
de l’établissement, annonçait :
Ce soir
Soupe d’orties aux lardons
Canapés frais au pain de mie et sardines
Vins et dessert
Le "Prince», encravaté et costume usagé,  suivi de la "Princesse" arborant un caraco terni, blousant sur une jupette froissée,   ouvraient la marche   vers la bombance.
Leur titre  fastueux, venait du fait que Madame possédait une bagouse dont la pierre ,  imitation, turquoise,( importée  du bazar "Tout A Un Euro" ), impressionnait l'assemblée.  Cet ornement, sorte de m’as-tu-vupiégeait son majeur boudiné.
C’étaient des parvenus tombés dans le dénuement, suite à des affaires foireuses.
Il n'empêche qu'ils affichaient  leur outrecuidance sans état d'âme.  
La bague faisait des envies parmi les sans-le-sou, qui les suivaient à distance.
La gente féminine ne se gênait pas derrière leur dos, pour lancer des remarques amères, comme des projectiles, qui ne les atteignaient cependant jamais.
Tous baissaient la tête, à la queue-leu-leu, vaincus d’avance et laissaient passer en premier ce couple bigarré, infatué de leur personne.
En fin de peloton, trois ou quatre vieillards, le nez rouge, dont on ne savait si cela était dû au froid ou à l’abus de picrate, avançaient en trainant les pieds sur des semelles usées.
Eux aussi maugréaient, entre leurs rares dents, contre ces prétentieux malotrus
Le défilé   se déroulait sur un terrain en friches aboutissant à
Un vieux bistroquet délabré  qui avait survécu tant bien que mal, aux démolitions entamées tout azimut , épargné par miracle par la promotion immobilière.
Au fronton on y lisait
 ‘A L’estaminet’
De bonnes âmes du quartier, sous forme d’association caritative, en ouvraient les portes chaque dimanche soir pour servir aux indigents, un repas gratuit.
C’était un service comme au restaurant. Couverts assortis, verres luisants, serviettes en tissus sur des nappes un peu défraichies, mais que l’on sentait de qualité.
Puis le "Prince" et la "Princesse", après avoir dégusté ce repas réconfortant, se lançaient sur une piste empierrée ,attaquant une valse chaloupée , zonzonnée  sur un vieux phono. 
Chacun était ravi, oubliant ses rancœurs ; les convives, un peu enivrés, s’abandonnaient au plaisir de la danse.
Le dimanche ils retrouvaient le tempo de leurs 20 ans.
La faillite de leur vie était oubliée sur des ♫♪ de musique.

Jak       Liste 20

Automatique

Mister K 



Pour le treize de cette douzaine la liste vint
et ce fut vingt
Histoire de rester totalement et sérieusement vain
L’idée me vint
d’une soupe à l’entourloupe, un truc de  potache, 
avec un côté «  Casseroles ?  il a de qui ternir ! »
oh, je me dis tant pis mon garçon,
pas le moment de se froisser, taulier
faut y aller, tu mets ton écriture en pilote automatique
tu es peut-être au bord du gouffre,
la faillite nous voilà,
tu dévales l’escalier des idées quatre à quatre
par ici, la sortie 
gaffe une ortie
tu n’as pas le temps d’urtiquer
alors évite absolument tout ornement
et tes mots fusent, fleurs, n’importe quoi, projectiles
ah, c’est pas le moment de se blesser
une balle dans le pied
c’est pas non plus l’heure de la noise turquoise
            (Même si Françoise est hongroise ?  -Même !)
ouf, non, sauvé, c’est bon ( ?)
Et quand vient l’ardoise
je la règle, bon prince
telle une cervoise
puis je m’extirpe du canapé
je rejoins ma table
et j’écris
 vingt

Mister K    Liste 20

Ma princesse

Vegas sur Sarthe



J'avais écrit sur son ardoise « Je veut aitre ton prince » alors elle me mit au
défi.
Avaler trois bols de soupe poivrée à la cantine, monter quatre à quatre l'escalier
qui mène au bureau du dirlo, me rouler dans les orties qui bordent le terrain de
sport ... que n'aurais-je enduré pour ses yeux turquoise.
Le projectile destiné au tableau noir et que j'envoyai par mégarde sur la tête du
pion – en plus de ternir ma réputation de tireur d'élite – me valut une heure de
colle derrière le canapé de la salle des profs avec pour ornement ce fameux
bonnet d'âne qui sied aux cancres.
Ma petite entreprise faisait faillite alors que je touchais au Graal de ma
princesse !
Froissée, elle me toisa et trancha simplement « Reviens dans vingt ans » ...


Vegas sur Sarthe    Liste 20

Une réception démesurée

Petitmoineau


« Gérard peux-tu daigner te lever de ce canapé afin de m'aider à préparer la table pour nos vingts invités. Je te signale quand même qu'ils viennent pour notre petit prince qui fête ses quatre ans aujourd'hui. Je sais très bien que tu as des soucis avec la future faillite de ton entreprise d'ornements, mais s'il te plaît essaye de ne pas ternir cette belle journée de Mai ainsi que cette réception.

-Mais pourquoi tu sors les assiettes en ardoise de ta grand-mère ? lui demande son mari. Et tu as besoin de mettre tous ces bougeoirs turquoises ? Tu crois pas que tu en fais un peu trop ?
-Mon fils mérite amplement toute cette attention lui répond elle en colère. Elle attrapa un rond de serviette et comme un projectile, elle fit mine de le lui lancer...
-Et calme toi, je ne voulais pas te froisser alors fais comme tu veux. Je te laisse à ta soupe et tes occupations.
-C'est ça défile toi encore, va donc dans ton semblant de jardin couvert d'orties.
-Et oui j'y vais car là bas c'est le seul endroit où tu ne vient pas me casser les oreilles avec tes remontrances et autres bêtises... »

Petitmoineau    Liste 20

Merci Fernand

Lilousoleil




-          Toto mange ta soupe ! Et cesse de regarder les lettres alphabets et  de les compter ! Mange !
Vingt fois que M’man répète la même phrase
-          J’aime pas la soupe de pâtes ! Y a rien d’autre à manger ? Du boudin tiens je mangerai bien du boudin ! et pis les ornements de mon assiette j’aime pas non plus ! j’suis plus un bébé pour ces dessins de girafes. Y sont même pas belles !
Soudain, l’enfant fait une boulette de pain et s’en sert de projectile pour atteindre le chien qui ouvre la gueule et déglutit rapidement.
M’man, froisse son tablier bleu turquoise, ses mains tremblent un peu  et de son regard bleu ardoise s’assombrit  et se durcit en regardant ce petit prince assit sur le canapé devant sa tablette. Une vraie faillite que l’éducation de cet enfant.
-          Mange ta soupe ou tu vas goûter de  mon balai d’orties , tes fesses vont rougir !
-          Ah mais non ma fille, il vous a demandez du boudin, allez chercher du boudin claironne  la belle mère qui se mêle une fois de plus de tout et de rien et heureuse de critiquer sa bru.
Et voilà M’man qui revient avec le boudin !
-          Ouais mais tu goûtes avant  sinon je mange pas ni la soupe ni ton boudinoche !
M’man s’exécute sous le regard de son fils méfiant ; puis celui-ci pousse un grand cri
Ah mais non t’ as mangé le morceau que je voulais !

Voilà un petit texte inspiré par Fernand Raynaud... 

Lilousoleil    Liste 20

Info locale

Emma



L'Austerlitz a remplacé le Taj Mahal, dont nous avons tous regretté la faillite.
Ornements d'époque : on peut voir dans des vitrines anciennes une véritable copie du diadème en turquoises de Joséphine, des boulets authentiques plus ou moins ternis,et des projectiles divers. On remarque surtout une spectaculaire reproduction du célèbre tableau de David : "l'empereur, sa femme, et le p'tit prince".Derrière le bar, des photos de l'équipe de foot et du conseil municipal pour ne froisser personne.
Dans sa toute nouvelle édition, le guide Dunlop annonce :
"la fameuse soupe aux orties Austerlitz, le poulet Marengo aux quatre poivres, et le Iénasur canapé sont admirables, nonobstant une ardoise un peu salée".
(N.D.L.R.: cent vingt balles, quand même !)


Emma    Liste 20

Sombre histoire de soupes

Lecrilibriste


« Par ici la bonne soupe ! » 


C'est ce que se dit le prince ravi en se levant du canapé de cuir usé par tous les postérieurs qui s'y étaient vautrés...  Il ne faut pas faire attendre notre hôtesse. ..
Délaissant leurs gobelets vides de vin, Ils passèrent, trois de ses hommes et  lui, dans la salle de l'auberge. Sur une nappe de couleur ardoise recouverte de vaisselle turquoise, de timbale  et de couverts d'argent, vingt couverts étaient mis. Elle avait plutôt bon goût l'aubergiste …  Mais où avait-t-elle trouvé toutes ces  choses de prix ? – la vaisselle était plus belle que dans son château -  alors qu 'il il frisait la faillite, lui ! …. Et qui étaient donc les autres invités à sa table conviés ?
Ebahi,  envieux et critique  de tout ce luxe  extériorisé dans cette petite gargote de rien du tout,  le prince, dédaigneux,  se dit qu'il aurait toutefois préféré des tons d'or et de turquoise plutôt que du gris ardoise, c'eût été bien plus pompeux ...
Mais diantre !  il n'allait pas cracher dans la soupe et froisser la gargotière qui l'avait  invité si aimablement à goûter  sa soupe aux orties. C'était une maîtresse femme, cuisinière émérite et reconnue dans toute la région …  d'âge mûr, mais qu'importe … Il verrait plus tard ...
C'est bien connu rugit-il d'un rire tonitruant, malgré la « soupe à la grimace » qui couvait  sous l'écorce : C'est bien dans les vieux pots qu'on fait les meilleures soupes ! N'est-ce pas ?
 Ne lui avait-elle pas  affirmé, la gargotière  que les orties contenaient beaucoup de fer,  que c'était un mets délicieux qui allait  le surprendre un peu ?
  Il n'allait pas refuser un repas qui ne lui coûtait rien, si ce n'est son auguste  présence . Et puis, il en avait soupé  du pain sec frotté à l'ail  et du rata des jours de disette...
En plus,  il avait  bien besoin de fer, lui qui, demain encore, dès l'aube, devait se rendre   sur le pré derrière le château  pour ferrailler avec un « gros plein de soupe » qui l'avait outragé en le traitant de « marchand de soupe » pour une malheureuse erreur de sacs de blé que soi-disant il lui devait.
Et cela  pour le seul plaisir de ternir son image.... à lui, le prince 
Est-ce que l'on traite un prince de marchand de soupe ? Il allait voir le gueux !

Nous nous mîmes  4 à table … Arrivèrent  soudain 20 chasseurs … non pas 80 comme dans la chanson, mais 20 !  Nous étions là, tous les quatre, comme des cheveux sur la soupe dans cette assemblée de chasseurs  qui arrivait d'une chasse à courre,  trempés comme des soupes 
Il fallut même se pousser pour faire place  et rajouter des couverts ! 
C'est un peu fort se dit le prince, quelle est donc cette farce ?
 Inviter à ma table des manants et ne point m'en prévenir ?
Le maître d'équipage m'a t-til invité,  moi, le Prince ?
Je sens que je vais lui claquer le beignet  à ce gueux!
A sa vue, ma colère monta comme une soupe au lait !
Je lui hurlais après : « Ah ! tu soupes dès le matin de peur de chier au lit *, manant !»
 Eh bien regarde !
 Je me saisis de la soupière qui trônait près d'une salière et j'envoyai  le projectile sur le pourpoint du grand veneur qui pérorait avec emphase m'ignorant de la plus belle façon, moi, le Prince ! 
La soupière tomba sur le pourpoint de soie du manant qui se para du plus bel ornement du ton verdâtre de la soupe .  Ce ne fut pas à son goût au sieur veneur qui à son tour vint me chercher. … Mais je n'attendais que ça  en mon for intérieur !
 Il s'ensuivit une bagarre mémorable entre moi, mes hommes et les 16 veneurs. 
A force de camouflets,  nous en vînmes tous les quatre à bout en ayant tout cassé.
Le lendemain j'eus deux duels à  régler.  Foi de prince...  haut  la main je les ai gagnés .
Je m'emparai des sacs de blé du premier, quand au grand maître veneur, il ne goûtera plus jamais  à la soupe à l'ortie, je peux vous l'affirmer.

J'ai fait pousser des orties tout autour du château où Madame la gargotière est toujours aux fourneaux …Depuis que je suis son héros,  je l'ai installée au château.  Elle prospère ... et moi aussi...  Les manants viennent tous pour manger ses gâteaux ,  sur des nappes de couleur d'or recouvertes de vaisselle turquoise, de timbales  et de couverts d'argent. C'est on ne peut plus pompeux et couru …. Et les picaillons tombent dans mon escarcelle. 
Chaque mardi,  jeudi et  samedi  elle me gave à  la soupe à l'ortie et à bien d'autres  grivoiseries dans son lit.

*«  tu soupes dès le matin de peur de chier au lit » = avoir faim - « Le bouquet des expressions imagées » Duneton

Lecrilibriste   Liste 20

Avec toi, depuis vingt-cinq ans

Laura


Avec toi je mange ma soupe

Sans que rien ne puisse ternir
Ces instants simples.
Ensemble, on a connu
La faillite; on a su réussir
Aussi; on a souvent
Monté quatre à quatre
L'escalier du désir.
Avec toi, j'ai jeté aux orties
La famille, cet ornement
Je sais, c'est pas joli
Comme un projectile
Dans ma vie, tu as surgi.
Ensemble, on a froissé
Des draps orange et 
turquoise
Avec toi, j'ai rayé sur l'ardoise
Mes échecs et mes angoisses
Tu n'est pas mon prince:
Allonge -toi sur le canapé!

Laura  Liste 20

Vingt ans

Adrienne



Bien des fois déjà l'Adrienne a dû vous parler de cette histoire de soupe qui a terni toute sa petite enfance.
Une anecdote qui pourrait servir de symbole à la faillite de ce genre d'éducation: obligée de finir l'assiette, même froide, enfermée dans le kot aux murs bleu turquoise - grand-mère Adrienne avait badigeonné les toilettes, la cave et le kot avec la même peinture à la chaux - mini-Adrienne s'est juré que quand elle serait grande…
Et elle a tenu parole.
Pendant vingt ans, à contrecœur et avec dégoût, elle a avalé sa soupe, l'ornement obligatoire de la gastronomie domestique flamande: jamais ne s'en est servie comme projectile, jamais n'a froissé l'amour-propre de la cuisinière.
Mais sur son ardoise mentale, elle traçait une barre, une par jour, qui la rapprochait de la venue de son prince sur son cheval blanc, celui qui la délivrerait.
Qui lui permettrait de jeter aux orties de l'histoire ce triste fleuron de l'art culinaire.
***
Ecrit sur mon canapé le vendredi 13 à quatre heures

Adrienne   Liste 20