Bienvenue sur Treize à la douzaine, un blog d'écriture partagée...

Bienvenue sur Treize à la douzaine, le blog d'écriture partagée proposé par Annick SB...



Rendez-vous MEETIC

Lecrilibriste



Ils s'étaient donné rendez-vous devant la grande vasque du jardin public, à côté du kiosque à musique, avec chacun un œillet rouge à la boutonnière.  Et Rosalie était un peu stressée, un peu émoustillée, un peu appréhensive. Aussi ...

Bref ! Ce n'était que sa troisième tentative MEETIC … Elle était plus que nerveuse …  A tel point qu'elle avait renversé son verre de lait sur la table du petit déjeuner et fait une tache de coulis de framboise sur son beau chemisier blanc qu'elle avait pourtant bien repassé la veille  pour la circonstance. 
Il avait fallu qu'elle se change avec des habits de fortune,  en improvisant l'ensemble avec autant d'élégance que faire ce peut,  mais elle s'était tellement imaginée avec son beau chemisier blanc que c'était difficile. Il avait fallu  qu'elle courre ensuite pour ne pas rater son bus de la demie et arriver à l'heure au rendez-vous.  Et , elle y tenait à ce rendez-vous,  d'autant plus qu'au téléphone, il avait une voix si chaude, si chaleureuse... Que  Rosalie, bien sûr, s'était fait un film. 

MEETIC … Sa copine Angélique avait rencontré son amoureux avec MEETIC et elle était vraiment bien tombée. Magali ... de même ... elle allait se marier le mois prochain et  Jérôme, on n'en parlait pas, il ne jurait plus que par MEETIC.  Alors, elle avait voulu essayer  pour rencontrer, qui sait, l'élu de son cœur. 
Ces rendez-vous, ça lui filait une pêche d'enfer.  Tout le monde le sait, on n'a rien sans rien ... Et elle espérait bien trouver enfin le prince charmant.  Elle en avait eu marre de l'autre, Richard, avec ses amours ancillaires qu'il aurait fallu passer sous silence ! Et ça avait duré trois mois, trois mois où elle s'était ennuyée à mourir !  Non ! Elle valait mieux que ça et elle allait le trouver son homme !

Il fallait qu'il soit beau et plutôt blond, avec beaucoup de cheveux mais surtout pas un crane rasé, car elle détestait ça. . Qu'il ait quand même un métier, et pourquoi pas un peu d'argent...De l'instruction...qu'il aime chanter et danser …  Et surtout, surtout qu'il ait de l'humour , car Rosalie, elle qui ne manquait pas d'humour,  aimait les hommes qui avaient de la répartie et savaient se montrer drôles.
Depuis un moment déjà, Rosalie arpentait l'allée dans tous les sens, soulevant de la pointe de ses bottes façon lézard,  le tapis de feuilles de platanes que le vent d'automne avait amoncelé là sans aucun état d'âme.  Ça lui rappelait  la cour de récré de l'école primaire !  
Il était vraiment en retard... Avec toutes les anicroches qu'elle avait dû affronter le matin, ça ne l'étonnait pas plus que ça ! C'était son jour … Ou peut-être pas … Qui sait ce que vous réserve le destin !  
Elle entendit soudain grincer la porte du square. 
Sur des charbons ardents, elle prit son téléphone  portable pour photographier ce moment inoubliable. Elle vit de loin un homme  d'apparence plutôt robuste s'approcher.  Clic.. Clic..
Qu'Il était beau Clic...Clic...  ...il devait sentir bon le sable chaud … Clic...Clic...se dit-elle en riant intérieurement, comme dans la chanson. Pourtant, la fleur de son œillet  rouge baissait bizarrement la tête, toute de travers dans la boutonnière...  Qu'importe ! 
Mais il se passa une chose incroyable...  En arrivant devant elle et en lui tendant la main pour la saluer,  Il buta contre une grosse  pierre cachée sous les feuilles et se retrouva... à genoux … Oui ! À genoux devant Rosalie qui éclata de rire et fut prise d'un fou-rire irrépressible ! 
Il se redressa, vexé à mort et vindicatif lui dit : « Et vous trouvez ça drôle ? » 
Oh ! Que oui, qu'elle trouvait ça drôle ! Quand elle allait raconter ça à ses copines,  elles en auraient pour la journée  à être pliées de rire !!! 
Mais lui, ne trouva pas ça drôle du tout...
Il se releva,   bougonna quelque chose comme « pauvre imbécile »  lui tourna le dos ulcéré  et partit du plus vite qu'il put !

Ben !  se dit Rosalie, on aurait pu fêter ça  en riant ensemble devant un verre  !!!
Mais en face, sur un banc, où il semblait corriger des copies, un homme avait tout vu ! 
Rosalie n'arrivait pas à s'arrêter de rire  quand elle vit l’œil pétillant goguenard et le sourire épanoui de ce témoin fortuit. Il s'approcha d'elle en riant.
Celui-là était brun avec les cheveux bouclés, plutôt petit et mince, mais il se marrait tellement qu'ils unirent leurs rires. Il l'invita à prendre un café dans le bistrot du coin et six mois après, il se marièrent pour le meilleur et pour le rire, sans l'aide de MEETIC, mais quand même, il faut bien l'avouer...  à cause de MEETIC. 

Lecrilibriste     Liste 19

Photographie

Laura



Photographier ou plutôt tenter de photographier, photographier
La tentation de fixer le temps, marcher dans le paysage, arpenter
Dans un instinct d'admiration, loin du ton vindicatif si employé
Photographier pour sentir et non pour plaire, se plaire à aimer
Le tapis des rues qui amortit le bruit des villes, l'agressivité.
Relire "Les bonnes" de Genet pour comprendre la relation ancillaire.
Aller à la pêche aux mots et aux images, tenter de voir et représenter
La robuste relation entre les mots et les choses, photographier
En s'arrêtant de courir, se poser, poser des yeux émerveillés.
Boire le lait de coco comme un liquide séminal, se régénérer
Dans une vasque avec des caresses, se repaître de baisers.
Préférer la fermeté des fruits à leur coulis, se nourrir de leur acide sucré
Photographier avec tous ses sens, tenter de retenir l'instant, photographier.

Laura    Liste 19

Ma vie : un enfer!!!

Petitmoineau



Il faut que je cesse d'arpenter le tapis de ma chambre. De toute façon ca ne sert à rien je suis coincé ici. J'ai voulu paraître robuste et ne pas flanché la première fois . Si j'avais su... A la vue de ce type à la peau blanche comme du lait, mon sang est devenu aussi épais que du coulis, je ne sais plus si il a réussi à atteindre mon cerveau et mes organes. Je me souviens juste avoir tenté de courir pour lui échapper mais il a été le plus rapide. Il m'a attrapé par les cheveux et m'a apposé une pêche en pleine figure et là je me suis cogné dans la vasque de la salle de bain puis je suis tombé sur le sol inconsciente... Depuis ce jour, mes jours n'ont plus de sens et je n'ai plus qu'une vie ancillaire, prisonnière de mon bourreau. Parfois je me sens vindicatif et je me vois lui rendre les coups qu'il m'a infligé. Mais lui son seul désir c'est de me photographier dans des situations humiliantes pour les publier sur son site. A moi de plaire à ceux qui me regardent et surtout les faire payer!!!

Petitmoineau    Liste 19

Pensées d'un photographe

Nathie



Je me souviens d’un temps où j’étais  un robuste jeune homme. Je passais le plus clair de mon temps à courir l’appareil à la main. 
J’arpentais  les rues des capitales du monde à la recherche du cliché qui allait faire de moi le photographe à la mode.
J’ai croisé mes plus beaux modèles, des filles à la peau blanche comme le lait douces comme des pêches. Et mes amours ancillaires m’ont amenées à développer un sens  érotique inné que j’ai su exploiter. 
J’ai fait des portraits d’elles sur des tapis de soie devant des cheminées ou dans des salles de bains aux vasques de marbres roses.
 Je me souviens d’une photo pour un magasine où ma dulcinée du moment mangeait une glace recouverte d’un coulis de fraise  que nous avions partagé. 
Ah oui je me souviens aussi que ce cliché avait rendu vindicatif mon chef de publication de l’époque. Il n’était pas dupe et se doutait bien des relations que j’entretenais avec ces femmes auxquelles je dérobais leurs plus beaux sourires. 
Me reste aujourd’hui ces clichés d’un autre temps qui me rappelle que j’ai été un grand photographe. 

Nathie     Liste 19

Recherche terrain pour maison

Ghislaine


Philippe arpentait le terrain, recouvert d'un tapis de pierres et sable.
Dans les temps anciens, ici était une maison où se pratiquaient les relations ancillaires et autres orgies où les coulis et le  chocolat au lait...dégoulinaient 
Philippe avait écouté l'histoire racontée par l'agent immobilier tout en prenant des photos et il scrutait les alentours avec un sens aiguisé de l'observation.. Il voulait acheter un terrain qui pourrait plaire à Janelle.
Un terrain où une fois la maison construite, elle pourrait s'adonner à sa passion !
Elle faisait des vasques en poterie. Il ne voulait pas qu'elle eut à courir pour aller en ville acheter ses produits, même si elle était encore robuste, il voulait la ménager..
Donc l’œil vindicatif après son inspection visuelle, il fit remarquer à l'agent qu'il n'y avait pas d'accès privé ... Bien sur tout deux avaient encore la pêche mais il fallait penser à plus tard et le chemin d'accès était éloigné du lieu du terrain...
Les photographies faites, Philippe demanda à voir d'autres terrains, plus en rapport avec ses souhaits...
La rechercher commençait...


Ghislaine   Liste 19




Flagrant des lits

Vegas sur Sarthe


Ce matin, j'entamais mon bol de lait où j'allais tremper une tartine au coulis de mûre quand sur un ton vindicatif Germaine vient à me reprocher mes amours ancillaires …
Je saisis mon petit Robert pour en effeuiller les pages et finis par tomber sur ancillaire entre anatomie et andouille.
Je comprends qu'en clair elle me reproche de me taper la bonne – Natacha en l’occurrence – une robuste besogneuse qui vous cravache les tapis comme un cosaque, vous récure les vasques en un tournemain et n'a donc rien pour me plaire !
Je lui demande où elle a bien pu pêcher ça.
Elle me rétorque qu'elle nous a pris en photo en flagrant du lit !
Je lui re-rétorque que ceci n'a pas de sens car on dit en flagrant délit.
Germaine me re-re-rétorque qu'un lit ou des lits, ça ne fait aucune différence et elle me montre un sombre cliché où l'on entrevoit à peine deux formes étendues sur un lit.
« Tu vois bien … il n'y a qu'un lit ! » conclus-je en me drapant dans ma dignité.
Je lui dirais bien qu'il s'agit de Berthe – son amie d'enfance – et non pas la bonne mais à quoi bon gâcher l'instant précieux du petit déjeuner et risquer la soupe à la grimace du soir ...

Vegas sur Sarthe     Liste 19

Le pêcheur

Chatondaniel




Arpenter la campagne
Pour photographier un homme qui pêche
Et lui plaire pour ne pas l’effrayer ;
Ne soyez pas vindicatif ;
Ne l’effrayer ce pêcheur assis sur un tapis,
Marcher sans courir.

Devant lui, trois canes robustes,
Posées sur un trépied.
A la main une bouteille de lait
Pour abreuver sa soif.
Sa vasque n’est qu’à moitié pleine,
Que des petits poissons.

Triste friture pour le soir,
Qu’il pensait déguster avec un coulis de poireaux.
La pêche n’a de sens que si l’on attrape des poissons,
De très gros qu’on aimerait photographier
Pour les montrer aux copains,
Qui auraient du mal à le croire.

Pour cet homme, la pêche
Est un amour ancillaire
Ce que déteste sa femme,
Qui ne l’accompagne jamais.
Attendre bêtement qu’un poisson morde à l’hameçon,
La dépasse. Elle préfère regarder la télévision.

Chatondaniel     Liste 19



Liste 19

1 arpenter
2 vindicatif
3 plaire
4 tapis
5 ancillaire
6 pêche
7 robuste
8 courir
9 lait
10 vasque
11 coulis
12 sens

et le 13 ème pour le thème : photographier

Pour passer le temps ...

 Annick SB


C’est marrant cette expression tant employée !
C’est dingue le nombre de choses que nous faisons ou pensons circonvenir pour passer le temps !
Comme si nous nous trouvions en permanence dans une forme d’attente, lente, presque inerte, malgré nos agitations d’apparat.
L’hiver, passer le temps avant les fêtes de fin d’année, en suspendant des boules aux reflets hyalins sur les branches du sapin …
L’été, passer le temps avant le festival de jazz, en épluchant des légumes pour faire une excellente ratatouille…
Et dans l'entre-saisons, passer le temps, avant la venue des petits enfants, en tricotant des animaux avec des vieux pelotons de laine…
Les mois s’enchaînent.
Le temps s’égrène.
Passons le temps ...
- rabattons la couette
- croisons les volets
- confectionnons un bouquet de marguerites et de pois de senteur
- plaçons les pièces d’un puzzle sur la grande planche en contre-plaqué
- faisons une réussite en cherchant tous les cœurs
- taillons les mines des crayons de couleurs
- semons des petites graines de fleurs
- dessinons des moutons

Les cloches de l’église ne sonnent plus la nuit.
Perfide tricherie…
Serait-on englouti dans les oubliettes du passé décomposé ?
Le phare a perdu son gardien et le musée de la bourgade fermera bientôt ses portes, faute de visiteurs.
Tout sera désuet pour les ilotes pressés des temps modernes.
Circulez, y’a plus rien à voir …

Annick SB       Liste 18

Une maison de caractère

Mumu la grenouille


Elle habitait une maison « de caractère » selon la formule consacrée. Elle l’avait découverte par hasard, au cours de l’une des promenades, qu’elle faisait chaque matin dès son réveil, une habitude qu’elle avait prise dès les 1ers jours de sa convalescence suite à une longue maladie. Un vieux lierre  rouge  recouvrait la bâtisse jusqu’au 1er étage. L’eau  ne coulait plus de la fontaine monumentale qui occupait le centre du jardin. Elle n’avait pas hésité à escalader le mur  de pierre; elle avait même essayé d’ouvrir la vieille porte récalcitrante .
Après être revenue avec des instruments pour prendre quelques mesures,  elle avait vite pris la décision de l’acheter, la réponse de la banque n’avait pas tardé. Toute la famille avait coopérer à son installation : les adultes assurèrent le déménagement tandis que les enfants faisaient les pitres du haut en bas de la nouvelle maison de Valérie !

Mumu la grenouille   Liste 7 

Un festival inoubliable

Nathie


Le festival avait lieu chaque année près du grand phare de la falaise.
 On pouvait y croiser toutes sortes de gens. Un riche entrepreneur venu étaler sa réussite sociale, était  accompagné de son serviteur, une sorte d’ilote sorti d’un autre âge à la mine triste. 
Mais surtout des simples vacanciers venus assister aux réjouissances. Un feu d’artifice et son fameux bouquet final viendrait clore l’évènement pour le bonheur des petits et des grands. 
Ah vraiment cette fête n’avait pas besoin qu’on parle d’elle pour rabattre les foules et circonvenir la population locale. Mieux que ça, elle n’avait rien de perfide. Chacun savait qu’il y aurait de la bonne musique et  des spécialités du terroir. De grosses miches de pain posées sur de belles planches de bois, du fromage sous des cloches de verres à la transparence hyaline, et des spécialités locales gourmandes. Rien n’était laissé au hasard pour que l’on s’en souvienne et que l’on y revienne. 

Nathie    Liste 18


Saisons d'hier et d'aujourd'hui

Mumu la grenouille


A chaque saison, ses plaisirs ! Rien d’original dans cette expression.
Parmi les options possibles, pourquoi pas :
Le jardinage au printemps.
La plage en été.
La cueillette des champignons en automne.
Les glissades sur la neige en hiver.
C’est d’une platitude désolante !
ET POURTANT
Quel plaisir de trouver dans son assiette les légumes tout frais de son jardin !
Sans être prétentieux, quel jardinier en herbe ne s’est jamais enorgueilli d’avoir réussi « cette année » ses poireaux, même rachitiques, ou ses carottes qui se tordent de douleur d’avoir été arrachées. Les « légumes moches » ont de l’avenir !
ET POURTANT
Ils sont des milliers, dans leurs autos surchauffées, à se précipiter dès leur 1 er jour de vacances vers la plage où ils pourront s’étaler, mais pas trop quand même,
entre les bambins qui creusent de « gros trous, t’as vu, papa, le gros trou ? »,
Les joueurs de raquettes qui les assommeront avec leur petite baballe en mousse
Et la bande de jeunes qui écoutent leur « musique de sauvage » à fond !
ET POURTANT
Ils seront encore quelques amateurs non éclairés cette année à se régaler
de leur cueillette hasardeuse et ne pas pouvoir dire le lendemain que,
finalement, ces drôles de champignons étaient comestibles !
ET POURTANT
Combien reviendront le bras en écharpe, parce que, eux, auront eu la chance de survivre
A l’avalanche qu’ils auront déclenchée en faisant du hors piste ?
NON
Je préfère parler de l’odeur de l’encre absorbée par le buvard dans les écoles d’autrefois,
en toute saison, 
du bambin qui renifle sans pudeur devant son problème de robinet qui fuit, parce qu’il s ’est enrhumé, en toute saison, 
de la chaleur et du bruit de la forge dans les villages d’autrefois, en toute saison, 
de la pression des doigts de deux amoureux qui se promènent au bord de la rivière, en toute saison, 
des spectacles d’opéra qui enchantent les yeux et les oreilles, en toutes saison.
de la pression des doigts de deux amoureux qui se promènent au bord
de la rivière, en toute saison.
Voilà, je vous laisse trier parmi tout cela ce qui vous plaira le mieux et si un jour, on se
rencontre, je ne manquerai pas de vous apostropher ; vous me direz quelle saison vous préférez !

Mumu la grenouille     Liste 10